Le projet SMELLS met en œuvre une approche novatrice en combinant les données issues de Sentinel-1 avec l’humidité de sol issue de SMOS (Soil Moisture and Ocean Salinity), pour en déduire un produit d’appréciation de l’humidité de sol à haute-résolution spatio-temporelle, qui constituera un nouvel outil pour les décideurs du système de lutte préventive contre le Criquet pèlerin.
Les outils de télédétection développés jusqu’à maintenant dans le cadre de la lutte préventive contre le Criquet pèlerin se concentrent sur les niveaux de végétation et particulièrement sur l’indice NDVI (Normalized Difference Vegetation Index) et ses dérivés. Des travaux récents ont démontré la possibilité de prédire ainsi la présence des criquets. Cependant, n’utiliser que l’état de la végétation peut causer aux décideurs un problème d’échelle temporelle pour savoir quand envoyer des équipes de prospection. En effet, l’indice NDVI ou les cartes dérivées de verdissement du sol pourraient ne parvenir aux décideurs qu’au moment même où les criquets apparaissent sur le terrain. Pour pouvoir prendre plus tôt la décision d’envoyer les équipes de prospection, la solution est d’avoir des informations opportunes sur l’humidité de sol, qui précède l’apparition de la végétation. De plus, l’humidité de sol est un excellent indicateur du potentiel de reproduction d’une zone, puisque les femelles du Criquet pèlerin ont besoin de sols humides pour déposer leurs œufs. Le projet SMELLS constituera donc une première tentative d’inclure l’humidité de sol dans les outils des décideurs de la lutte contre le Criquet pèlerin.
Dans ce contexte, les objectifs principaux du projet sont :
- la mise en place d’un dialogue entre les développeurs et les utilisateurs finaux de la lutte antiacridienne quant à leurs exigences à propos de l’humidité du sol obtenue par la télédétection,
- le développement d’une approche innovante afin d’obtenir des estimations de l’humidité du sol à partir des données reçues de Sentinel-1 en synergie avec celles de SMOS,
- évaluer l’humidité du sol afin de prévoir la présence de criquets dans le cadre la lutte préventive.
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Cinq années de données SMOS ont été nécessaires pour montrer comment l’humidité dans le sol change selon la saison dans le monde entier. L’animation ci-contre illustre comment ce changement est davantage prononcé dans les hautes latitudes. La dynamique de la mousson dans le sous-continent indien est également clairement visible. Une région de transition comme le Sahel en Afrique est aussi bien décrite. On peut observer également les pluies saisonnières dans des régions comme La Plata en Argentine et le bassin de l’Orénoque au Venezuela. Lancé en novembre 2009, SMOS transporte un nouveau radiomètere pour capturer des images de température de luminosité, qui correspondent à la radiation émise par la surface de la Terre, afin de produire des cartes d’humidité du sol et de salinité des océans. |
